ACNE

Les effets de manche, c’est très joli mais il ne faudrait pas que ça aille trop loin. Un ténor du Barreau fulminait il y a quelques jours contre le Ro/accutane. Il affirmait que le médicament avait été interdit (sic) mais était ensuite réapparu sous d’autre noms. Alors le Maître se lança : « Un assassin sous une cagoule, c’est toujours un assassin ».

Evidemment c’est faux de bout en bout. Le Ro/accutane n’a jamais été interdit. Plus simplement, comme il avait atteint l’âge respectable ou des génériques moins chers ont le droit de se substituer à lui, il a disparu à leur profit. Les génériques réputés « encagoulés » se sont alors multiplié. En bénéficiant d’un encadrement comme on en voit rarement. La prescription chez une femme en âge de procréer oblige à un suivi pointilleux et contraignant. Ce n’est pas tout : avant de prescrire on remet une documentation, on discute évidemment avec la famille pour un mineur et souvent ce n’est pas simple. S’il y a un problème psy antérieur on freine des quatre fers.

Mais mon très cher Maître voici de quoi vous permettre de cultiver la démagogie dans l’autre sens : ne serait-il pas de la part d’un médecin un véritable abus de pouvoir condamnable que de refuser à un adolescent complexé, malheureux parce que ses copains et copines se foutent de lui, le médicament qui va lui redonner un contact social rénové ? Or que faites-vous à agiter votre étendard : vous préparez d’autres malheurs. Vous allez transformer un problème en un autre.

Voulez-vous que je vous dise mon cher Maître/ Les effets secondaires des médicaments, c’est comme les retombées fâcheuses d’une plaidoirie que l’on voulait bonne et qui énerve le Jury.

Alors cessez de fulminer. Méditez Nietzsche et l’innocence du hasard et n’occultes pas le bénéfique sous le danger, fut-il réel.

Parce que j’ai vu deux progrès étonnant pendant ma vie médicale : la tri-thérapie dans le SIDA qui a fait passer mon service de l’état de mouroir à celui de centre de soins et le Ro/accutane qui a redonné la joie de vivre à des dizaines et centaines de gens, jeunes ou moins jeunes.

Mon Cher Maître, vous avez droit au Bonnet d’âne des désinformateurs à but lucratif. Cela posé vous avez des circonstances atténuantes : vous ne connaissez manifestement rien à la médecine.

Nous ne demandons qu’à vous apprendre les dessous de la cagoule. Vous pourriez former un groupe avec les journalistes qui ont relayé sans sourciller vos propos…

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