stethoscope

Le mot clinique vient du grec. Clinos veut dire allongé. A partir de cette racine a été forgé un mot qui a deux sens complètement différents.

La clinique, où l’on vous a débarrassé de votre appendice malade, c’est donc le lieu médical ou l’on garde des malades allongés. Peut être avez-vous été opéré dans une « policlinique. Notez bien ceci : j’ai écrit « poli » avec un i et non pas un y. Là encore poli vient du grec polis qui signifie la ville, la cité. La policlinique c’est donc la clinique de la cité.

Parfois on voit écrit « polyclinique » avec un y. Le sens est tout diffèrent. Avec un y poly veut dire « plusieurs » Une polyclinique c’est donc un lieu où l’on fait un peu de tout du point de vue chirurgical ou médical.

Voilà déjà un acquis. Mais ce n’est pas le plus important de ce que vous devez savoir.

Voici ce que vous devez savoir : le mot clinique a un deuxième sens. Celui-la vraiment médical.

Lorsque les médecins entre eux parlent de « la clinique », d’un « examen clinique », du « sens clinique », de « signes cliniques » lorsqu’un patron d’un Hôpital universitaire titulaire d’une « Chaire de clinique » attribue à un de ses élèves un poste de « chef de clinique » le mot clinique ne fait pas du tout référence à un quelconque bâtiment.

La clinique, dans ce cas, c’est l’art et la manière d’examiner le malade couché pour obtenir un diagnostic. De l’examiner sans s’aider d’aucune prise de sang ou radio ou scanner ou échographie. Le médecin a son savoir et son savoir faire. Le malade a son corps et son mal. La clinique c’est ce qui guide la pratique médicale à mains nues et permet au médecin de reconnaître de quel mal caché souffre son malade.

L’examen Clinique, consiste donc à examiner un malade couché pour recueillir les symptômes et de provoquer les signes qui permettent de faire le diagnostic sans l’aide de quoi que ce soit sinon un stéthoscope et un marteau à réflexe.

D’autres expressions très couramment employées entre médecins font aussi appel au mot clinique.

Le « sens clinique », c’est le flair médical, c’est la base de l’art médical. Le médecin a appris au cours de ses études à reconnaître quels symptômes et signes caractérisent chaque maladie. Le clinicien doué de sens clinique c’est celui qui flaire vite le bon diagnostic.

Pour que les étudiants en médecine puissent acquérir ce « sens clinique », pour qu’ils deviennent de bons, de fins cliniciens, l’Université à confié à d’éminents professeurs le titre envié de « Professeur de Clinique » Ils sont titulaires d’une « Chaire de Clinique ». Les enseignants plus jeunes et qui sont chargés pendant quelques années d’enseigner les étudiants sont les « Chefs de Clinique ».

Mais vous-même ? Vous êtes clinicien aussi. Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, vous faites de la clinique sans le savoir. Quand vous dites « X marche drôlement je me demande s’il n’a pas eu une petite attaque … » ou » Toi, tu n’es pas bien tu as les mains chaudes, tu dois avoir de la fièvre et j’entends comme tu tousses, tu dois avoir une bonne bronchite » vous faites de la clinique.

En passant, notez bien : le mot clinique a évolué . On peut faire de la clinique exercer son sens clinique sur quelqu’un qui est debout et non pas couché.

Peu importe. L’essentiel c’est que vous reteniez ceci : il y a la Clinique bâtiment et la Clinique art médical.

Retenez bien pour ne pas oublier : le Chef de Clinique n’est pas le Patron d’une clinique, c’est un enseignant qui enseigne aux étudiants en médecine qui débutent l’art de faire des diagnostics sans se servir d’autre chose que de son savoir, de ses mains, de ses oreilles, de ses yeux et de sa parole… et aussi et surtout du corps du malade.